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Indie Pop

FOREVER PAVOT + TH DA FREAK

ven. 03 mars 2023 - 20:30

Émile Sornin est un découvreur, insatiable explorateur des genres et des influences, de la chanson expérimentale à la pop psychédélique, de la réalisation de clips à testeur d’instruments (documentaire Le Bon Coin Forever). Le compositeur multi-instrumentiste originaire de La Rochelle avait d’abord démontré tout l’intérêt de revisiter le psychédélisme des années 1970 dans son premier album Rhapsode avec le projet musical FOREVER PAVOT.

Après sa collaboration sur le dernier album de Charlotte Gainsbourg (il arrange et produit 6 morceaux de l’album Rest), Emile Sornin s’est à nouveau collé aux machines dont il a l’art d’extraire des sons surprenants. Son intérêt pour les musiques de film des années 1970, le jazz, le rock progressif marque le deuxième album de Forever Pavot, La Pantoufle, mélange d’influences, de Jacques Tati à la touche psychédélique. Il y a du Vladimir Cosma, du François de Roubaix et du Jean-Claude Vannier dans son univers. Avec plusieurs courts métrages à son actif, il fait son entrée au cinéma en signant les musiques des films De nos frères blessés réalisé par Hélier Cisterne, puis Babysitter de Monia Chokri, tous deux prochainement en salle. Emile Sornin revient aujourd’hui avec le troisième opus de Forever Pavot, l’Idiophone, qui sortira à l’hiver 2023 sur Born Bad Records.

+ TH DA FREAK

Affûté par la fréquentation des caves bordelaises et les répétitions dans le grenier avec ses frangins, le jeune TH DA FREAK a profité de ses années de formation pour gober tout ce qu’il pouvait, de Dylan à Nirvana, du Velvet au garage californien et c’est surtout à cet endroit que le miracle s’est opéré. Loin de ressembler à un digest digne d’une BO de série Netflix ou de playlist boring sur Spotify, sa musique est tombée sur les amateurs de bubble grunge et de punk malin comme la foudre sur l’horloge de Hill Valley. En 2016, The Freak, premier album manifeste sans le vouloir,  tape dans l’œil de quelques journalistes et du label Howlin Banana. Depuis ce temps-là, on suit la chevelure bleue de Th et sa troupe de monstres gentils au bout du monde, ou au moins de nos nuits alcoolisées qui n’attendaient que ces petites pépites intemporelles pour oublier un présent pas toujours très chic.

Jusqu’ici fasciné par les geeks cintrés de la pop qui produisent tout en autarcie (de Brian Wilson à R Stevie Moore en passant par Connan Mockasin), Thoineau a collaboré ici pour la première fois avec un producteur, le Bordelais Stéphane Gillet (Sam Fleisch, Pretty Inside). Mais que l’on se rassure : il n’est aucunement question sur ce Coyote d’un album de la maturité, bien au contraire. Prenant pour totem le coquin canin, héros farceur des contes amérindiens, qu’on a connu ici en cartoon malheureux, ce nouveau récit musical est celui d’un artiste qui bouillonne, dévoré par le feu qui l’anime et ses contradictions qu’il accepte enfin d’embrasser. Indomptable, imperturbable et joueur. Un peu puant et attachant aussi.

C’est donc à cette image que résonnent les 11 pistes de Coyote, sautant d’une humeur à l’autre, un disque profondément humain qui titille involontairement le statut d’instant classic. On y navigue entre indie punk classieux, pop songs déchirantes et quelques nouvelles influences qui montrent le bout de leur nez (kraut ou synth rock). Cette nouvelle étape créative confirme le talent de mélodiste du musicien bordelais et une inspiration jamais à bout de souffle. Th Da Freak est de retour!